• Épier le rêve

    C'est le dernier numéro

    de la très belle revue Étoiles d'encre

     

    Épier le rêve

     

     

          Vient de paraître !   

    Épier le rêve

     

         Vous y trouverez une nouvelle                publication engagée    

    d'Anne Poiré       

    Épier le rêve

     

         Elle paraît à Montpellier    
         aux éditions Chèvre-feuille étoilée   
     
     

     

    Épier le rêve

     

    Pour en savoir plus sur le site de la maison d'édition,

     cliquez ici.

     

     

     

    Le sommaire :

     

    Vous pouvez lire
    ci-dessous l'incipit de cette nouvelle :
     

    -       Marcher, vous connaissez marcher ? Je marche, tu marches…

    Nassardine hésite. Carlos sourit, puis complète avec sérieux. Il maîtrise de mieux en mieux le français :

    -       Il ma’che, nous ma’chons, vous ma’chez, ils ma’chent. 

    -       Parfait, bravo Carlos. Allez, Nassardine, reprends. Je marche, tu… tu ?

    -       Tu ma’ches…

    De la même façon, nous explorons ensemble le verbe parler, manger. Les garçons me regardent, sourient, articulent en imitant chacune de mes mimiques. Si je hausse les sourcils, aussitôt Noureldine fronce les siens. J’arrondis les lèvres, Al Haddi en miroir constitue le plus joli rond de la terre. Bohkri imite la ride qui barre mon front, sous l’effort, et j’ai envie de les prendre dans mes bras, tant ils sont touchants. Leur bonne volonté m’impressionne. (...)

     
     
     
    Dans la revue Étoiles d'encre, 
    et son numéro spécial "Épier le rêve"
     
    vous pourrez lire une nouvelle d'Anne Poiré. 
     
     
     
    Sera proposé à votre lecture :
    "Conjuguer les rêves"
     
     
     
    Je vous offre aussi cet autre extrait...
     

    (...) Travailler. C’est le rêve principal. Parler français bien. Aller à l’école. To the university. Jouer au foot, et pourquoi pas, là c’est Mohammad qui parle, devenir Zidane. Oui, s’offrir une vie belle, devenir quelqu’un. Des rêves, ils en ont, tous. Ils en ont encore. Ils en ont, parce qu’ils sont vivants. Leurs compagnons morts n’ont plus de rêves. Cause, conséquence ? (...)

     

    Épier le rêve

     

     

     
     

    Vous pourrez lire également dans ce numéro

    une chronique sur mon roman lui aussi engagé,

    publié il y a moins d'un an :

    Le jeu de dominos

    Épier le rêve

    Commentaires sur ce livre à retrouver en cliquant ici.
     
     
    La critique de Rose-Marie Naime
    - MERCI ! -
    est à lire dans la revue :

    Épier le rêve

     

    Épier le rêve

     
     
    Cette belle revue nous a déjà publiés,
    notamment dans son numéro L'être à deux,
    Carte blanche à LEILA SEBBAR - octobre 2007
     
     
    Ma nouvelle, "Enfant(s)illage", dans ce n°31/32
    est à retrouver en cliquant ici.
     
    Et chez l'éditrice.
     
    Une vingtaine d'illustrations d'oeuvres Poiré-Guallino accompagne cette luxueuse et sympathique revue, à soutenir par vos commandes. 
     
    N'hésitez pas à leur en acheter au moins un exemplaire !
     

    Épier le rêve

     

    Épier le rêve

     
     Encore avant,
    dans son numéo 27/28
    "Des Filles et des Pères",
    dans lequel feue notre amie Chantal Roux
    était à l'honneur, en novembre 2006,
    un texte d'Anne Poiré sur la peinture de Chantal
    se donne à lire des pages 53 à 55.

    Épier le rêve

    Magnifique numéro à retrouver ici chez l'éditrice. 
     
     
     
    Merci aux éditions Chèvre-feuille étoilée
    pour cette nouvelle publication. 
     
     
    Vous pourrez découvrir cette parution toute fraîche
    au Salon des revues  

    La maison d'édition la présentera
    en avant-première lors d'un café poésie
    organisé par Sabine Péglion
    à la 
    Maison de Monaco
    le jeudi 8 novembre à 19h

    puis lors des lectures à l'Espace l'autre livre 
    le mardi 13 novembre à 18h.

    Les encres de Sabine Péglion seront exposées dans cet espace
    dès le 31 octobre.
      
     
    Le WE suivant la maison d'édition reviendra
    aux Blancs Manteaux pour
      
    le Salon de l'Autre livre
    où les auteures dédicaceront leurs livres.




    Puis au Salon des Revues Plurielles et de leurs amies : « AUTRES CULTURES, AUTRES REVUES »
    Vendredi 23 novembre 15h00-21h00/Samedi 24 novembre 10h00-18h00
    Bibliothèque Meriadeck • Bordeaux
    dans le cadre de la Quinzaine de l’Égalité, de la Diversité et de la Citoyenneté



    Le lien pour
    commander la revue directement chez l'éditrice
     
    Allez, bonus, petit cadeau de novembre :  je vous offre cette autre nouvelle, inédite, qui ne sera pas publiée, dans ce numéro, mais qui relève de la même thématique...
     
     

    Tourment-lès-Petites-Baraques

     

    Il s’appelle Vassili. Il est arrivé d’Ukraine il y a bientôt trois ans. Il voudrait bien me raconter comment il a passé la frontière, à la nage, ses papiers protégés dans un sac en plastique, accroché à son cou. Comment il en a acheté d’autres, en Pologne, pas très ressemblants. Comment il a été refoulé, plusieurs fois, notamment en Allemagne. Finalement, il a pu passer. Il me racontera, un jour. Il voudrait bien aussi détailler comment sa femme l’a rejoint par la suite, avec les deux enfants, et son frère, Pavlo. Le dernier de leurs garçons était encore tout petit, alors, si fragile. Leurs passeports bien à jour, avec un visa, pas pour un séjour si long, bien sûr, sans retour. Cependant, il n’a pas le temps de me raconter les détails. Il ne me connaît pas assez, surtout.

    Nous nous sommes vus une première fois au CADA, le Centre de Demandeurs d’Asile de Tourment, grâce à une amie qui m’a parlé de leur situation. J’ai aussitôt accepté de les aider. Ce matin, ils arrivent devant l’école du village où la famille va s’installer, Tourment-lès-Petites-Baraques. C’est là que j’habite, et eux aussi, bientôt. Nous aurons tout le temps, par la suite, de faire connaissance.

    Ils sont déboutés. Ça veut dire que la France ne veut pas d’eux. Ça veut dire que si les gendarmes entendent parler de ces quatre personnes, timides, bien élevées, Vassili, Anastasia, Oleg et Vlad risquent l’OQTF, l’Obligation de Quitter le Territoire Français. Ça veut dire que les deux commissions officielles que sont l’OFPRA, l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, et la CNDA, la Cour Nationale du Droit d’Asile, seul recours après le premier refus, leur ont dit non, considèrent qu’ils ne sont pas en danger. Ils viennent d’un pays sûr. Ils devraient rentrer chez eux, et tant pis si Vassili refuse de faire la guerre, tant pis si Anastasia refuse qu’il porte une kalachnikov. Tant pis s’ils crèvent de faim, là-bas, dans leur pays dévoré par la corruption et la guerre. La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, tant pis pour eux. Ils sont en péril, risquent à tout moment une mesure autoritaire d’éloignement. En attendant, ils pourraient se retrouver à la rue, comme ils l’étaient au début, à dormir dans des parcs, des cours sordides, sur des cartons, dans des ruelles sales et sombres, ou sous des ponts.

    Lorsqu’ils ont entamé les démarches, afin de demander l’asile, en arrivant de Vil’shanka, malgré leur situation, deux enfants, dont un tout petit, le 115, le numéro du Samu social d’urgence, sonnait tout le temps occupé. Ensuite on leur a d’abord répondu non, on est surchargé, on n’a pas de place. Même avec deux tout petits. Pendant plusieurs longs mois, ils ont dû se débrouiller, de parcs en rues glaciales, la peur au ventre, dans la faim, le froid, à s’inquiéter pour le présent comme pour l’avenir. Finalement le Samu social leur a accordé une chambre dans dix-sept hôtels différents en moins d’un an. Mieux que la rue. Mais il leur a fallu déménager, sans arrêt : pas simple. Et puis la famille a trouvé refuge dans ce CADA de Tourment, le temps que les procédures aboutissent. Mise à l’abri provisoire, avec des animateurs, des assistantes sociales, du personnel, pour les aider.

    Désormais ils n’ont plus droit à rien. Déboutés, ils sont. L’État leur a dit non.

    Ils n’ont pas l’autorisation de travailler. Ils ne peuvent pas s’installer. Mais il faudra qu’ils déclarent leurs impôts. Ils sont dans l’illégalité, mais l’assistante sociale qui les suivra exigera qu’ils ouvrent un compte en banque.  

    Heureusement, des citoyens sont prêts à les soutenir, des solidaires, et des associations. Les Restaus du cœur, par exemple, ça n’existe pas en Ukraine. C’est bien dommage, disent-ils. Quelle reconnaissance ils éprouvent :

    -       Merrrci !

    Leurs yeux brillent. Ils n’y recevront pas seulement de la nourriture, variée, en relative quantité.  Mais aussi de quoi rester humains : une place de cinéma, afin de sortir leurs enfants, aux vacances d’automne, puis une autre au moment des congés de printemps. Une coiffeuse leur permettra de se faire tout beaux, gracieusement, une fois de temps en temps. Le sourire d’Anastasia le jour où elle s’y rend, une serviette propre à la main. Au moment de l’anniversaire d’Oleg et Vlad, l’association pensera même à offrir un cadeau, pour chacun. D’autres sociétés caritatives leur fourniront du bois de chauffage, des vêtements, de l’aide administrative. Les bénévoles se relaient, pour des cours de langue. Ils ne sont pas seuls, Vassili et Anastasia, et ils seront soutenus. Ces réseaux leur évitent le plongeon, à la rue.

    Une citoyenne s’est émue de leur situation. Madame Dupont est propriétaire d’une petite maison entourée d’un jardin. Toute meublée : elle appartenait à ses parents. Elle pourrait la vendre, la louer. Elle préfère la leur proposer. Vassili et Anastasia, Oleg et Vlad n’ont qu’à s’y installer. Elle ne leur fera pas payer de loyer, juste les frais d’électricité et d’eau, pas davantage.

    J’ai pris rendez-vous avec la directrice de l’école, ce matin, pour inscrire les enfants. Voilà qui sauvera une classe, en plus, dans cette zone rurale dépeuplée. La famille est en situation irrégulière. Autant prendre les devants, je vais les présenter au maire, aussi. Ce sont des illégaux, mais ces enfants, comme tous les petits, ont droit à l’instruction. Notre pays protège les mineurs. S’ils sont nés là-bas, ils ont déjà bien grandi ici.

    Je ne sais pas encore que Vassili, bricoleur, sait tout faire de ses dix doigts : scrupuleux, consciencieux, soigneux. Perfectionniste, même. Il fera son possible pour trouver un peu de travail. Pas vraiment déclaré, à part en chèques emploi service. La loi, paradoxalement, le permet. Du moins, dans notre département de la Louve. Ailleurs, il paraît que c’est parfois plus compliqué. On leur interdit de travailler, mais les migrants qui peuvent témoigner d’une activité, lorsqu’ils demandent la régularisation de leurs papiers, sont bien vus, par les préfectures. On n’est plus à un paradoxe près.

    Pour ces humains, ces exilés en attente, rien n’est gagné, tout reste encore à construire. Pourvu que personne n’aille les dénoncer. Ah, si seulement Vassili et Anastasia pouvaient travailler légalement. Il faudra qu’ils soient depuis cinq ans sur le territoire, que les garçons soient scolarisés, pour tenter de régler la situation. Quelle fête nous ferons, alors !

    Pour l’instant, arrivés en avance, nous attendons le rendez-vous et nous admirons, devant l’école, l’aire de jeux construite en rouge, jaune, et bleu vifs . Les parents, encore paralysés par tant d’inconnues, me sourient néanmoins :

    -       C’est un rrrrrrrêve ! 

    Ils sont conscients que leurs petits seront bien, dans notre village, et eux aussi. Lorsque nous entrons dans l’école, au milieu de la cour vaste et rassurante, Anastasia soupire :

    -       C’est un rrrrrrrêve ! 

    Au cœur de la bibliothèque, immense, Vassili me murmure, à l’oreille :

    -       C’est un rrrrrrrêve ! 

    Les salles de classe, claires et propres, couvertes de dessins joyeux, les laissent émerveillés. Oleg et Vlad avancent doucement, intimidés. Les parents lèvent le nez, regardent à droite, à gauche, écoutent la directrice à la voix douce, qui explique comment les équipes enseignantes sont constituées. J’épie chacune de leurs réactions, et, malgré moi, j’en ai les larmes aux yeux. Vassili, ému, me prend à témoin. Puis Anastasia ajoute la même phrase, de sa voix claire.

    -       C’est un rrrrêve ! me susurrent-ils.

     

     
     
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    Épier le rêve


    Pour lire des extraits de Mineurs isolés, un autre de mes livres, sur ce sujet, cliquez ici.

     

     

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