Quelques articles anciens, de 2010 à 2014
13 juin 2025
Et des vidéos...
- Annonce de l'exposition à la Galerie Pikinasso
à partir du 16 mars 2014 et jusqu'au 13 avril...
Les couleurs de la vie
un lien vers la vidéo de Maurice Gay.
Merci à lui...
http://vimeo.com/88588696
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Journal Le progrès - 8 août 2013 - Photo Claude-Henri Marchand
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Le pays - article du 8 août 2013 -
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Journal Le Progrès du 3/8/12
La Muse n°24
Magazine culturel d'ici et d'ailleurs
sept 2011, en page 4
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- Guallino ou le bonheur polychrome par Bob Bolzinger
L'article suivant, rédigé par Anne Poiré, a été publié dans le catalogue Le pluriel des singuliers éditions Actes Sud 2000 à l'occasion de la belle exposition du même nom, à Aix en Provence.
Poétiques, les sculptures de Patrick Guallino, sont généreusement colorées, et étonnamment souples : quand les Tourne-lucioles côtoient les Envolée-Etincelle, c'est pour mieux jongler avec la lumière. Ces personnages chaleureux sont reliés aux étoiles, rééquilibrent les lunes et se font la révérence, - ballet fantaisiste -, en une sarabande amicale de nuances franches, vives et gaies.
Lutin-jacinthe, Cavalier désir, ces complices de couples langoureusement amoureux, dans leur légèreté, sont également fort proches de l'enfance, - sautant parfois même à la corde, ou s'exerçant à l'art du vélocipède en un équilibre extrêmement neuf et harmonieux.
Avec leurs sourires larges et communicatifs, fertiles, ces explorateurs nous enrichissent.
En effet, des Digitales- double aux Iris-Turquoise, ces formes joyeuses, câlines et aériennes, constituent d'expansives messagères du soleil. Elles brandissent avec élan leur goût de vivre, leur exubérance.
De manière contagieuse.
Quelle atmosphère festive ! Chaque figure, - comme La porteuse de tendresse , tellement dansante - , nous entraîne impérieusement dans cet univers magnifiquement ludique.
Anne Poiré Catalogue Le pluriel des singuliers Actes sud éditions 2000
Guallino ou le bonheur polychrome
par Bob Bolzinger
(...) Après le succès rencontré à l'Outsider art fair de New York et à la foire de Cologne, - Kunst Koln -, où ses oeuvres étaient présentées par la galerie des Quatre Coins, Guallino revient en France, pour plusieurs expositions, personnelles ou collectives, événements cohérents qui vont permettre de s'imprégner à nouveau de son plaisir de vivre et de créer !
La Beauté, à Avignon, disait-on ? Ailleurs aussi, certes ! À chaque exposition de Guallino, - rassurante quant à l'avenir et au présent de la création : non, la peinture n'est pas morte, qu'on se le dise ! -, l'on se promet de revenir, l'on s'éloigne à regret. Alors profitez-en, tant d'événements annoncés relèvent du privilège, ne laissez pas passer cette chance de vous nourrir de façon puissante d'une représentation jouissive et viscérale !
Il est un atelier où poussent des fleurs rares, au délicat parfum d'enfance et de primitivisme. Ces merveilles colorées occupent tout l'espace, remplissent les murs et chaque recoin de l'ancienne usine de tissage réaménagée en caverne d'Ali-Baba.
Il est un atelier, baroque dans son amoncellement, pavoisé de tableaux et d'accumulations de sculptures aux couleurs gaies, où tout s'enchevêtre en un chassé-croisé de formes et de lignes dynamiques.
Il est un atelier dont le jardinier cultive et entretient chacune de ses créations avec amour et passion, mêlant harmonieusement étendues cultivées et paysages sauvages.
GUALLINO DE A à Z
Peintre et sculpteur autodidacte, Patrick Guallino est né en 1943. A l'âge de quatorze ans, il découvre les séductions de la peinture à l'huile et des craies.
Mai 68 le bouleverse : toute son oeuvre est volontairement anéantie, brûlée, à l'exception de quelques toiles conservées par sa mère, comme Les chevaux, une petite huile datant de 1958 dans laquelle la matière est déjà importante, ainsi que la couleur, chaude et vive. Le traitement de cette oeuvre rappelle la simplicité et l'intensité de l'art pariétal, annonçant une thématique qu'on retrouve dans les toiles ultérieures.Après une période de refus de l'art et d'interrogations multiples, il revient à la création dans les années 80, sculptant le bois, qu'il laisse apparent. Comme pour un puzzle patiemment assemblé, il colle des pièces d'essences différentes, jouant sur les veines, les coloris naturels d'éléments divers auxquels il insuffle une nouvelle vie en les réunissant.
Peu à peu, la peinture reprend le dessus, même si les premières sculptures polychromes laissent encore apparaître le bois aux côtés de plages recouvertes d'acrylique, comme dans L'idole.
Mais finalement, chez ce coloriste, le support disparaît complètement, absorbé par les bleus, les rouges, les verts : la matière est annulée au profit d'une polychromie festive. Ce pourrait être du bronze, ou du plâtre, de la pierre ou de la terre, peu importe finalement la base, puisqu'il la transforme et la modèle, la malaxe, la tord, façonnant le bois comme s'il était souple et extrêmement maniable...
La matière découpée est le plus souvent biface, offrant de chaque côté un aspect différent, complémentaire, souvent surprenant : un seul personnage en devient plusieurs, se dédouble, se multiplie, ou bien un corps complet offre l'étonnant spectacle d'un très gros plan sur un visage dès que l'on retourne l'oeuvre et que l'on regarde de l'autre côté. Ludique, le sculpteur amuse autant qu'il se divertit lui-même.
Patrick Guallino crée aussi des stèles, monuments monolithes à ornements sculptés, au graphisme parfois symbolique, reprenant des mythes anciens, parfois plus épuré, laissant libre cours à l'imagination du récepteur. Dans ces travaux, l'artiste retrouve le tracé libre de ses dessins à l'encre de Chine, au trait sûr, cernant , découpant, recréant des mondes et des êtres.
Petit à petit, aux hommages nombreux à la féminité s'ajoutent d'autres éléments, issus du monde animal, réel ou imaginaire, qui dans tous les cas rappellent l'enfance et ses rêveries, ses contes, ses terreurs et ses fascinations. Mais les dragons et les loups se font ici complices, amicaux : avec eux, point de danger !Les corps sont découpés, c'est l'évidement qui crée la forme, non plus la matière, en une légèreté toute de finesse, avec l'aisance aérienne de danseurs ou promeneurs dégagés de l'apesanteur... Les chevelures, affranchies, s'abandonnent et s'envolent, comme les petits personnages.
Enfin, dans l'oeuvre ancienne comme dans les recherches d'aujourd'hui, Patrick Guallino sculpte du tout petit comme du monumental, il réalise des pièces dans toutes les dimensions , aussi à l'aise lorsqu'il invente un monde de quinze centimètres de haut que lorsqu'il donne le jour à des individus mesurant trois mètres..
Pour ce qui est de son parcours pictural, il est lié à des explorations diverses de la matière, des supports, de la couleur. Inventif, Patrick Guallino est un chercheur qui jamais ne s'arrête.
Sur papier, - en dehors des petits croquis au crayon ou au feutre qu'il réalise machinalement,ou comme exercice-, il travaille l'huile, le pastel .Mais c'est surtout l'acrylique qui a sa préférence et qu'il emploie abondamment. Il pratique également la xylographie, que ce soit en taille d'épargne, quand les blancs du dessin sont évidés, épargnant les parties qui doivent venir en noir, ou que ce soit de la gravure en creux, quand les parties creusées de la planche apparaissent en noir, après avoir été bourrées au tampon.Il peint aussi sur toile cirée, mélangeant un travail graphique directement réalisé au pinceau et des grattages rehaussés ensuite. Comme dans d'autres oeuvres sur toile ou sur bois peuvent s'ajouter des textes, mots inscrits, devinés, comme autant de signes à décrypter, messages paraissant anciens, hiéroglyphes mystérieux .
Sur bois, il joue avec le relief, les pleins, les creux. A la matière déjà épaisse, striée de sculptures et de gravures, il ajoute parfois de la sciure ou des tissus afin de transformer encore le support. Les parties creusées sont souvent soulignées par un cerne noir, ou coloré, uni. Elles sont aussi parfois noyées dans la couleur, homogénéisant de vastes zones lumineuses, en contraste avec d'autres pans plus sombres du même tableau. Certains graphismes rejoignent les mythes, les trajectoires symboliques, tandis que des plaques de "puzzle impossible" visent une simplicité enfantine.
Sur toile, il mêle la stridence des couleurs à vif et des regards perçants, l'expressionnisme, les réminiscences du mouvement Cobra, et la tendresse douce, ludique et gaie d'histoires que l'on se raconte avant de s'endormir, pour se rassurer, dans le noir. Patrick Guallino aime la lumière, il donne des éclairages extraordinaires à des scènes que l'on pourrait croire dérobées à la nuit des grottes. Comme à la bougie, ou bien dans la perception resserrée qu'offre une vision par le trou de la serrure : autour, l'ombre, l'obscurité mystérieuse, et dans la clarté, bien en vue, des corps dont on devine qu'ils élaborent quelque rite secret.
Sur carton, il s'amuse avec des formats non traditionnels, des cercles, des ovales, collant des épaisseurs de matière, puis grattant, évidant, constellant de signes ces pleins et ces creux, évoquant les graffiti, inscriptions à même la pierre, griffures sur plâtre, emblèmes gravés sur d'antiques boucliers de bronze, matières douces et rugueuses, présentant des plis, replis, comme des gerçures recouvertes de mousses, de marques scarifiées, semblables à des signes tribaux, enveloppes aux aspérités parfois innocentes, gratuites, le plus souvent signifiantes, symboles, signes. Ces irrégularités dessinent un fond curieusement bavard (bien plus que ne l'est le silencieux artiste !), ici un corps, là, peut-être, d'autres figures anthropomorphes, des bribes de signes, comme déjà à demi effacés par le temps, marques inégales à la lisibilité volontairement brouillée.Tous ces travaux, quel qu'en soit le support, relèvent d'une même démarche, un même plaisir: celui de créer...
Décrire ce jardin totalement merveilleux de Patrick Guallino à Belmont de la Loire, c'est raconter une histoire, l'un de ces contes qui remontent aux archétypes de toute civilisation : il était une fois des couleurs, des graphismes, des formes, il était une fois les sens, il était une fois l'enfance retrouvée, ou bien jamais quittée, il était une fois la poésie, la jubilation de la création, il était une fois...
Ambre Davini
L'atelier
Des grandes, des petites, des bleues, des vertes, des rouges
Partout des oeuvres, des toiles
Sculptures aux bras tendus,
Sculptures aux yeux fendus,
Espace habité, aux idoles maîtresses du poisson feu
Espace habité par odalisques et passionnées
Les stèles s'enfuient aux regards des chevaux,
Les loups au nez rouge font des feux d'artifice
Pendant que l'acrobate équestre- en plein soleil lavande-
Embrasse
Langoureusement
Tourne-pervenche et tourne-bleutés
Ô puzzle impossible multicolore
Puzzle
Vertigineux de senteur légère
Bouclée
Dans les jours à naître et le vent venu
Ô apparence du soleil au cercle
Des apparitions
Dans l'antre dans la grotte dans le ventre
Les oeuvres à ciel ouvert
Les oeuvres
Caressantes
Si belles... Cet article, Le jardin de Patrick Guallino, suivi d'un poème, est encore disponible, avec ses 28 photos couleurs, dans la revue Créations.
Revue Créations n°65 PEMF 06 376 Mouans Sartoux cedex
http://www.pemf.fr/x-main/main_fiche.asp?IDFiche=53340065